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Hypnothiquedentiste.fr

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"Avec les patients vous êtes sympathiques , empathiques:c'est bien. Soyez Hypnothiques!"


Science et Hypnose

Publié par Bruno Delcombel sur 24 Avril 2015, 08:54am

Science et Hypnose

INTERVIEW DU DR BRUNO DELCOMBEL par Eugénie ZABÉ

  • Bruno DE COMBEL Docteur en chirurgie Il dentaire LYON I
  • C.E.S Psychologie Médicale Générale
  • Praticien qualifié en hypnose clinique et psychothérapie éricksonienne
  • IMHE de Paris agréé Fondation Erickson Phoenix U.S.A.
  • Conférencier National et International
  • Formateur et préparateur mental
  • Cours en Tl (6ème année dentaire) Lyon : " Les enjeux psychologiques au cabinet dentaire et hypnose clinique "

De nombreuses personnes associent l'hypnose au monde du spectacle donc ils n'y croient pas vraiment. Cependant l'hypnoanalgésie diffère de l'hypnose et est une pratique sollicitée par certains médecins, peu nombreux car cette pratique n'est pas connue de tous.

Science & Hypnose : Depuis quand l'hypnoanalgésie s'impose-t-elle dans le milieu médical ?

Bruno Delcombel : Attention, l'Académie de Médecine reconnaît l'hypnose médicale depuis mars 2013. Or, historiquement, c'est Mesmer qui avait inventé, en quelque sorte, l'hypnose médicale il y a 200 ans. Donc on est un peu en retard la-dessus car les États-Unis, la Belgique, le Canada font ça depuis longtemps. Elle a mis du temps mais maintenant ça y est. J'ai mis, dans le domaine dentaire, presque 10-15 ans à percer. Au début, comme dit Schopenhauer, d'abord on se moque de vous, après on vous critique et après on vous dit « et bah oui c'est évident ». En France, c'était un peu plus dur, ce qui est paradoxal parce que l'hypnose a été développée en France à l'époque de Freud, Mesmer et compagnie. Et bizarrement, elle est tombée en désuétude parce que sont arrivés les produits, justement, pour endormir. Mais on s'aperçoit que pour respecter les gens qui en on marre des produits, c'est un outil toujours là, en naturel et puissant.

Dans quels cas utilisez-vous l'hypnoanalgésie ?

On peut faire presque semblant de faire une anesthésie, en dentaire - je ne le fais pas parce que ça rend service quand même mais je met très peu de produit - le patient croit que je vais le piquer alors que je ne le pique pas et la dent s'endort, c'est un peu de l'hypnoanalgésie. Dans le cas où le patient ne supporte vraiment pas l'anesthésie locale, on n'a pas le choix, ou endormir ou le MEOPA ou l'hypnoanalgésie.

"L'hypnose c'est un état modifié de conscience."

Quels sont les avantages pour le patient ? Pour vous ?

Pour le patient, il n'y a pas de produit dans les cas extrêmes où le patient ne le supporte pas, par exemple, une allergie, pas mortelle heureusement, aux produits qu'on a. C'est un peu de la fausse hypnoanalgésie associée à « moins de produit », la relaxation du patient est déjà de l'hypnoanalgésie. Le patient croit qu'il est endormi. Sur les enfants, par exemple, je me passe très souvent d'anesthésie parce qu'ils partent en hypnose très rapidement.

Quelle formation avez-vous suivi ?

J'ai un certificat d'étude supérieure en psychologie médicale générale et je suis psychothérapeute et hypnothérapeute donc deux ans de formation à Paris plus des weekends de supervision.

Quelle évolution l'hypnoanalgésie a-t-elle subit ?

Ce qui a évolué c'est les mentalités parce que l'hypnose est toujours là, elle a toujours été en clinique.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de la pratiquer ?

Pour schématiser, il y a les cerveaux gauches qui sont plutôt matheux, rigoureux et les cerveaux droits qui sont plutôt créatifs, tête en l'air. Je suis plus cerveau droit. Un ami psychiatre m'avait dit que je devrais être bon la dedans, que je devrais faire ça ; j'avais déjà un CES de psychologie médicale générale, donc il savait que j'étais déjà attiré par ça. C'est plus qu'une passion, on découvre quelque chose de fondamentale. C'est un confort pour le praticien et pour le patient, quand ton patient est relaxé tu es relaxé.

Quels sont les différents moyens d'hypnose ?

La voix, c'est important mais la communication est à 93% non verbale. Par exemple, je peux faire l'induction sans parler. Ça peut être les yeux et le touché est très important parce que quand on touche quelqu'un on crée un encrage.

Est-ce qu'il y a des patients moins réceptifs que d'autres ?

Ça n'existe pas. Non sauf si le patient n'a pas envie et part en courant. Sinon si la personne a confiance il n'y a pas de résistance. Plus la personne va résister plus elle va plonger.

Est-ce qu'il y a des limites à l'hypnose ?

Oui, ton honnêteté et le respect d'autrui. Il faut savoir que l'hypnose est interdite dans les conflits parce que c'est du lavage de cerveau et ce n'est pas une pratique à mettre entre toutes les mains. Il faut rester dans le cadre, quand j'enseigne c'est dans le cadre dentaire. Ça peut être presque dangereux si on ne respecte pas les gens.

Quelles sont les réactions du cerveau face à l'hypnose ?

Ça va être dans le cerveau droit, quand on dit cerveau droit-cerveau gauche c'est un schéma, c'est dans l'hémisphère droit. C'est ici que les zones vont s'activer. Ce n'est pas un sommeil l'hypnose, c'est une activation, c'est un éveil. On éveille des zones.

Est-ce qu'il y a des risques ?

Oui, la manipulation, faire des choses que l'on ne doit pas faire avec la personne qui est sous emprise. Le patient va s'en rendre compte et au réveil va se souvenir qu'un acte n'a pas été bien. Tout ce qui va être non respect de la personne. C'est un outil puissant.

Est-ce qu'il y a des contre­indications (prise de médicament, troubles psychologiques) ?

Oui, évidemment. Les gens qui sont borderline, les paranoïaques, toutes les personnes qui ont des tensions.

Connaissez-vous la différence entre hypnoanalgésie et hypnose ?

L'hypnoanalgésie c'est une branche de l'hypnose. En hypnoanalgésie, on induit un insensibilité physique, comme avec une anesthésie.

Conseillez-vous à vos patients de pratiquer l'autohypnose ?

Oui, bien sur. Je dis à mes patients de se préparer de telle façon chez eux, donc ce qui revient à de l'autohypnose téléguidée. Parce que si on pouvait se mettre tout seul en hypnose ça serait trop facile, on n'aurait plus besoin d'aller voir un hypnothérapeute.

Eugénie ZABÉ

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